Arrêt maladie et prévoyance : combien allez-vous réellement toucher en 2026 ?
Un arrêt maladie ne signifie pas nécessairement la disparition totale du revenu. Il entraîne toutefois presque toujours une modification de la rémunération : le salaire habituel peut être remplacé par des indemnités journalières de l’Assurance Maladie, un complément de l’employeur et, selon la situation, des prestations versées par un contrat de prévoyance.
Le problème est que ces trois étages d’indemnisation obéissent à des règles différentes. Ils n’ont ni le même délai de carence, ni la même base de calcul, ni toujours le même payeur. Deux salariés percevant le même salaire peuvent donc recevoir des montants très différents pendant leur arrêt.
Pour évaluer le risque de perte de revenus et choisir une prévoyance adaptée, il faut commencer par identifier précisément ce que versent la Sécurité sociale, l’employeur et l’assureur.

Les trois niveaux possibles d’indemnisation pendant un arrêt maladie
La rémunération d’un salarié en arrêt peut provenir de trois sources complémentaires.
| Niveau de protection | Organisme payeur | Rôle |
| Indemnités journalières | Assurance Maladie | Compenser une partie du salaire perdu |
| Complément de salaire | Employeur | Compléter les IJSS sous certaines conditions |
| Garantie incapacité de travail | Organisme de prévoyance | Réduire le reste à charge selon le contrat collectif ou individuel |
Ces sommes ne s’additionnent pas toujours intégralement. Un contrat de prévoyance peut, par exemple, intervenir uniquement après déduction des indemnités journalières et du complément employeur. L’objectif est généralement d’atteindre un pourcentage contractuel du revenu antérieur, pas de percevoir davantage qu’en travaillant.
Il faut également distinguer la mutuelle santé de la prévoyance. La mutuelle rembourse principalement tout ou partie des dépenses de santé restant à charge. La prévoyance protège les revenus ou verse un capital en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de décès.
Combien verse l’Assurance Maladie en 2026 ?
Dans le régime général, l’indemnité journalière maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base. Celui-ci est établi à partir de la moyenne des salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt, dans la limite du plafond applicable.
Depuis juillet 2026, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 613,83 € bruts. L’indemnité journalière ne peut donc pas dépasser 42,97 € bruts par jour pour un arrêt débutant à compter de juillet 2026. Ces montants doivent être revérifiés lors d’une revalorisation du SMIC.
Les indemnités sont dues pour chaque jour calendaire indemnisable, week-ends et jours fériés compris. En revanche, un délai de carence de trois jours s’applique généralement : l’indemnisation commence alors au quatrième jour.
Exemple avec un salaire de 3 000 € bruts
Même si le salarié gagne 3 000 € bruts par mois, la totalité de sa rémunération n’entre pas dans le calcul, puisque le salaire de référence est plafonné. Pour un arrêt couvrant trente jours et soumis aux trois jours de carence, la CPAM pourrait indemniser 27 jours au maximum de 42,97 € bruts, soit 1 160,19 € bruts d’IJSS.
Cet exemple ne représente pas nécessairement la somme finale perçue. Un complément employeur ou une garantie de prévoyance peut s’y ajouter. À l’inverse, les prélèvements sociaux et, le cas échéant, le prélèvement à la source réduisent le montant net versé.
Pour vérifier les conditions d’ouverture des droits, les plafonds et les exceptions, l’Assurance Maladie tient à jour sa page officielle consacrée aux indemnités journalières du salarié en arrêt maladie.
Dans quels cas les trois jours de carence ne s’appliquent-ils pas ?
Le délai de carence n’est pas appliqué dans certaines situations, notamment :
- lors d’une prolongation lorsque la reprise entre les deux arrêts ne dépasse pas 48 heures ;
- pour les arrêts en rapport avec une affection de longue durée, après le premier arrêt concerné sur la période applicable ;
- en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle ;
- dans certaines situations particulières prévues par les textes.
Une convention collective ou un accord d’entreprise peut aussi prévoir une indemnisation plus favorable et neutraliser financièrement tout ou partie de cette carence.
Le complément de salaire versé par l’employeur
Les IJSS ne constituent que le premier niveau de protection. Sous réserve de remplir les conditions légales, notamment celle d’ancienneté, le salarié peut recevoir un complément de son employeur.
Dans le régime légal, le total formé par les IJSS et le complément employeur vise d’abord 90 % de la rémunération brute que le salarié aurait perçue en travaillant, puis les deux tiers de cette rémunération. Les durées d’indemnisation varient avec l’ancienneté. Le complément légal de l’employeur est normalement soumis à un délai de carence de sept jours en cas de maladie ordinaire.
Il ne faut donc pas confondre :
- la carence de trois jours applicable aux IJSS ;
- la carence de sept jours du complément légal de l’employeur ;
- la franchise prévue par un éventuel contrat de prévoyance.
La convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat de travail peut être plus favorable : maintien à 100 %, prise en charge dès le premier jour, durée prolongée ou condition d’ancienneté réduite. Avant de souscrire une protection individuelle, il est donc indispensable de vérifier les garanties déjà attachées à l’emploi.
Le dossier consacré au calcul des indemnités journalières et du maintien de salaire en arrêt maladie permet de retrouver les mécanismes à contrôler sur son bulletin de paie. Il faut ensuite confronter ces règles générales à sa convention collective et aux accords applicables dans l’entreprise.
Subrogation : pourquoi les IJSS n’apparaissent-elles pas toujours sur le compte bancaire ?
Lorsque l’employeur maintient tout ou partie de la rémunération, il peut pratiquer la subrogation. Dans ce cas, la CPAM lui verse directement les indemnités journalières. L’employeur les intègre ensuite au traitement de la paie et verse au salarié la somme résultant du maintien prévu.
Le salarié ne reçoit donc pas nécessairement deux virements distincts. Son bulletin doit néanmoins permettre d’identifier l’absence, la retenue correspondante, le maintien de salaire et le traitement des IJSS.

En l’absence de subrogation, la CPAM verse directement les indemnités au salarié et l’employeur ne paie que son éventuel complément. Il faut alors additionner les deux versements pour apprécier le revenu total de la période.
Quel rôle joue la prévoyance en cas d’arrêt maladie ?
Lorsque les IJSS et le complément employeur ne suffisent pas à préserver le niveau de vie, une garantie de prévoyance « incapacité temporaire de travail » peut prendre le relais. Elle peut être souscrite collectivement par l’entreprise ou individuellement.
Selon le contrat, l’assureur verse une indemnité complémentaire afin d’atteindre, par exemple, 70 %, 80 % ou 90 % du revenu de référence. Mais un taux élevé affiché dans une brochure ne suffit pas à juger la qualité du contrat. Il faut examiner la définition exacte de la base de calcul et les prestations déjà déduites.
Les points à vérifier avant de choisir une garantie
La franchise. Une garantie qui intervient après 90 jours sera peu utile pour un arrêt de quelques semaines. Les contrats peuvent prévoir des franchises différentes selon qu’il s’agit d’une maladie, d’une hospitalisation ou d’un accident.
Le revenu assuré. Certains contrats retiennent le salaire brut, d’autres le revenu net ou une moyenne des rémunérations antérieures. Les primes, commissions et revenus variables peuvent être inclus, plafonnés ou exclus.
Le caractère forfaitaire ou indemnitaire. Une garantie forfaitaire verse le montant prévu au contrat, sous réserve de ses conditions. Une garantie indemnitaire compense la perte réellement constatée, après prise en compte des autres prestations.
La durée d’indemnisation. Le versement peut cesser après un nombre déterminé de jours ou se poursuivre jusqu’à la reprise, au passage en invalidité ou jusqu’à une limite d’âge contractuelle.
Les exclusions. Certaines pathologies, pratiques sportives, affections antérieures ou situations liées à l’activité professionnelle peuvent faire l’objet d’exclusions ou de conditions particulières.
La revalorisation. Pour un arrêt long, l’absence de revalorisation des prestations peut entraîner une perte progressive de pouvoir d’achat.
La continuité des garanties. En cas de départ de l’entreprise, il faut déterminer si les garanties collectives cessent immédiatement, peuvent être maintenues temporairement ou nécessitent un nouveau contrat.
Comment calculer sa perte réelle de revenus ?
Le calcul doit partir du revenu net habituel, et non du seul salaire brut. La méthode consiste à comparer :
- le net normalement perçu en travaillant ;
- les IJSS nettes de prélèvements ;
- le complément net versé par l’employeur ;
- l’éventuelle prestation nette de prévoyance ;
- les éléments de rémunération qui disparaissent pendant l’absence.
Ces éléments perdus peuvent comprendre des heures supplémentaires, une prime de présence, des commissions, des titres-restaurant ou certaines indemnités liées à l’exercice effectif de l’activité.
Avant de mesurer la baisse, il est utile de calculer précisément son salaire brut en net. Cette base permet de comparer le revenu mensuel habituel avec les sommes effectivement versées pendant l’arrêt, sans appliquer une approximation uniforme du type « net = 78 % du brut ».
La formule pratique
Perte mensuelle estimée = revenu net habituel − IJSS nettes − complément employeur net − prestation de prévoyance nette
Ce calcul doit être réalisé mois par mois. Le premier mois comporte souvent des jours travaillés et des jours de carence, tandis que le mois de reprise peut mêler salaire normal, reliquat d’IJSS et régularisations de paie.
La convention collective peut changer complètement le résultat
Deux salariés disposant du même salaire et de la même ancienneté peuvent être indemnisés différemment si leurs conventions collectives ne prévoient pas les mêmes garanties. Certaines branches organisent un maintien très favorable, tandis que d’autres s’en tiennent principalement au minimum légal.
Le nom de la convention collective et son numéro IDCC figurent normalement sur le bulletin de paie. Pour comprendre quels éléments elle peut fixer et comment l’identifier, consultez ce guide pour lire et vérifier sa convention collective.
La convention ne suffit pas toujours. Il faut aussi demander au service des ressources humaines ou au gestionnaire de paie :
- la notice du régime collectif de prévoyance ;
- le tableau des garanties ;
- la durée de franchise ;
- le salaire de référence retenu ;
- la procédure de déclaration d’un arrêt prolongé ;
- les règles de subrogation appliquées par l’entreprise.
Les démarches à effectuer rapidement
Lorsque l’arrêt est prescrit, le salarié doit transmettre les éléments nécessaires dans les délais prévus. En règle générale, il dispose de 48 heures pour adresser l’avis à son employeur et, lorsque la transmission n’est pas déjà dématérialisée, à sa CPAM.
Pour éviter un retard d’indemnisation :
- vérifiez que l’employeur a bien reçu le volet qui lui est destiné ;
- assurez-vous que l’attestation de salaire a été transmise à la CPAM ;
- contrôlez les paiements depuis le compte Ameli ;
- conservez les relevés d’indemnités journalières sans limitation de durée ;
- demandez à l’employeur si une déclaration séparée doit être adressée à l’organisme de prévoyance ;
- comparez le bulletin de paie avec les versements reçus.
En cas d’écart inexpliqué, contactez d’abord le service de paie et la CPAM afin d’identifier l’origine du blocage. L’organisme assureur intervient uniquement sur la partie relevant du contrat de prévoyance.
Attention aux arrêts de longue durée à partir du 15 octobre 2026
Une évolution entre en vigueur le 15 octobre 2026 pour certaines affections de longue durée non exonérantes. Pour les situations concernées, la durée maximale de versement des indemnités journalières est ramenée de trois ans à un an. Les ALD exonérantes ouvrant droit à une prise en charge à 100 % conservent, sous les conditions applicables, une durée maximale pouvant atteindre trois ans.
Cette distinction renforce l’importance de vérifier les garanties de prévoyance en cas d’arrêt prolongé. Un contrat adapté doit préciser ce qui se passe lorsque les IJSS diminuent ou cessent : maintien de la prestation, recalcul ou interruption de l’indemnisation.
Ce qu’il faut retenir
Pendant un arrêt maladie, les indemnités de la Sécurité sociale ne remplacent qu’une partie du salaire et restent plafonnées. Le complément employeur dépend de conditions légales, mais aussi de la convention collective et des accords de l’entreprise. La prévoyance intervient ensuite selon ses propres règles pour réduire la perte de revenus.
Avant de souscrire, demandez une simulation écrite fondée sur votre salaire réel, votre statut et les garanties dont vous bénéficiez déjà. Comparez surtout la franchise, la base de calcul, la durée d’indemnisation et les exclusions. Un contrat moins généreux en apparence, mais qui intervient rapidement sur une base clairement définie, peut être plus protecteur qu’une promesse de maintien à 90 % entourée de nombreuses limites.
Les informations présentées sont générales et correspondent aux règles connues en septembre 2026. Elles ne remplacent ni les dispositions de votre convention collective, ni votre contrat de prévoyance, ni l’étude de votre situation par la CPAM, votre employeur ou votre assureur.
FAQ
Combien touche-t-on en arrêt maladie en 2026 ?
L’Assurance Maladie verse en principe 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond applicable. Pour un arrêt débutant à compter de juillet 2026, l’IJSS maladie est plafonnée à 42,97 € bruts par jour. Un complément employeur ou une prestation de prévoyance peut s’ajouter.
La prévoyance maintient-elle toujours 100 % du salaire ?
Non. Le niveau de maintien dépend du contrat. La prestation peut viser un pourcentage du salaire brut ou net et tenir compte des IJSS ainsi que du complément employeur. Une franchise, une durée maximale et des exclusions peuvent également s’appliquer.
Qui paie pendant un arrêt maladie ?
La CPAM verse les indemnités journalières, directement au salarié ou à l’employeur en cas de subrogation. L’employeur peut ajouter un complément et l’organisme de prévoyance intervenir selon les garanties souscrites.
Comment savoir si l’entreprise possède une prévoyance collective ?
Consultez le bulletin de paie, la notice remise lors de l’embauche ou demandez directement le tableau des garanties au service des ressources humaines. La convention collective peut également imposer un régime de prévoyance.
Mutuelle et prévoyance, est-ce la même chose ?
Non. La mutuelle complète principalement les remboursements de soins. La prévoyance protège surtout contre les conséquences financières d’une incapacité de travail, d’une invalidité ou d’un décès.